Notes / Série argentique quotidienne / De 33 à 60

  • RELEVÉS ET NOTES EN COURS

Depuis l’origine de la Série argentique quotidienne débutée le 09 février 1991, un relevé de paramètres techniques est consigné quotidiennement dans un carnet. Chemin faisant, quelques réflexions accompagnent ponctuellement la pratique de ces prises de vue argentiques.  Aujourd’hui rassemblées, ces notes sont présentées ici de manière chronologique sous la forme d’extraits.

Pour rappel, chaque nouveau film de la série débute le 09 février de l’année en cours, jour anniversaire de ma naissance, et porte en titre l’âge de son auteur. Le premier film s’intitulait 33, le film actuel en cours de tournage 60.

La numérotation apparaissant sous les photographies des carnets de notes correspondant au nombre de jours filmés depuis l’origine de la série.

Titre de la série « 60 »

60 / Samedi 06 octobre 2018

N° 10 101

10 101ème prise de vue déclenchée le 06/10/2018 à l’aide d’une caméra Canon Dial 35mm, 200 Asa, 1/125 en vitesse d’obturation, 4 d’ouverture, mise au point sur 1.5 m, tournée à La Plaine Saint Denis.

 

60 / Dimanche 08 juillet 2018

N° 10 011

10 011ème prise de vue déclenchée le 08/07/2018 à l’aide d’une caméra Olympus Pen 35mm, 200 Asa, vitesse d’obturation et diaphragme automatiques tournée à La Plaine Saint Denis.

 

60 / Mercredi 27 juin 2018

N° 10 000

10 000ème prise de vue déclenchée le 27/06/2018 à l’aide d’une caméra Olympus Pen 35mm, 200 Asa, vitesse d’obturation et diaphragme automatiques tournée à La Plaine Saint Denis.

No comment. Un événement microscopique pour une activité homéopathique au long cours.

10000eme déclenchement quotidien en cinéma argentique

Mercredi 27 juin 2018, 19H30A l'occasion de sa 10 000eme prise de vue en cinéma argentique, Jean-Claude Mocik lance "2018, l'année des rythmes".

Publiée par Jean-Claude Mocik sur Mercredi 27 juin 2018

 

 

60 / Mardi 26 juin 2018

N° 9999

9999ème prise de vue déclenchée le 26/06/2018 à l’aide d’une caméra Olympus Pen 35mm, 200 Asa, vitesse d’obturation et diaphragme automatiques tournée à La Plaine Saint Denis.

J-1 avant la 10 000ème prise de vue.

 

60 / Mercredi 14 mars 2018

N°9895

9895ème prise de vue déclenchée le 14/03/2018, 6,3 d’ouverture, 1/125ème en vitesse d’obturation, mise au point sur 2,5 m, tournée à La Plaine Saint Denis.

Retour en France depuis une semaine. Pratique de la prise de vue de 60 dans mes activités quotidiennes. Le dispositif de prise de vues présente davantage de ressources  qu’imaginé. Les plafonds et surtout les supports de prises de vues s’avèrent plus riches que prévu. Le dos de la caméra posé à plat sur une surface verticale plate présente d’innombrables ressources. Du blanc lisse aux structures géométriques complexes les plafonds offrent une grande diversité de matériaux et de lumière. La question désormais porte sur l’intention à développer. Faut-il chercher à « lisser » les prises de vues entre elles ou, à l’inverse, les accidenter, contrarier la continuité pour inscrire davantage de discontinuité ? L’option n’est pas définie pour le moment.

 

60 / Samedi 24 février 2018

N° 9877

9877ème prise de vue déclenchée le 24/02/2018, 4 d’ouverture, 1/60ème en vitesse d’obturation, mise au point sur 3 m, tournée à Gili Air, INDONESIE.

 

60 / Vendredi 23 février 2018

N° 9876

9876ème prise de vue déclenchée le 23/02/2018,  4 + 1/4 d’ouverture, 1/15ème  en vitesse d’obturation, mise au point sur 3 m, tournée à Gili Air, INDONESIE.

 

 

 

 

60 / Mardi 20 février 2018

N° 9873

9873ème prise de vue déclenchée le 20/02/2018,  4 + 1/4 d’ouverture, 1/60ème  en vitesse d’obturation, mise au point sur 1,50 m, tournée à Gili Air, INDONESIE.

Immense plaisir à pratiquer et explorer un nouveau dispositif de prise de vue en voyage. Engagé à Singapour vendredi 09 février2018 , jour anniversaire de mes 60 ans, le nouveau motif visuel défini pour une année entière en est aujourd’hui à son 12ème jour de prise de vue. Inconfortable physiquement, cette prise vue s’avère riche et intéressante par ses cadrages. La caméra posée à plat sur une surface horizontale, sol, table et autres, filme des surfaces dont la géométrie n’est pas nécessairement en aplat. Une charpente nue peut en effet offrir des volumes inattendus. Qu’en sera-t-il, de retour à Paris,dans nos univers fermés ?

60 / Jeudi 15 février 2018

N° 9868

9868ème prise de vue déclenchée le 15/02/2018,  5,6 -1/4  d’ouverture, 1/30ème  en vitesse d’obturation, mise au point sur 3,00 m, tournée à Kuta, LOMBOK.

Première prise de vue avec la caméra posée au sol. Cette option permet d’obtenir une valeur de plan plus large que la caméra posée sur une table. La difficulté est double. La mesure de lumière devient difficile et il faut s’allonger au sol de manière inconfortable pour ne pas être dans le champ de l’objectif.

Cette ressource va permettre cependant d’alterner différentes valeurs de plan selon les supports de prise de vue. Une armoire, un escabeau, un accoudoir de fauteuil permettront des variations dans les hauteurs de la caméra.

 

60 / Mercredi 14 février 2018 

N° 9867

9867ème prise de vue déclenchée le 14/02/2018,  8 + 1/4 d’ouverture, 1/30ème  en vitesse d’obturation, mise au point sur 3,00 m, tournée à Kuta, LOMBOK.

 

60 / Mardi 13 février 2018

N° 9866

9866ème prise de vue déclenchée le 13/02/2018,  8 d’ouverture, 1/15ème  en vitesse d’obturation, mise au point sur 2,00 m, tournée à Kuta, LOMBOK.

Le motif visuel de « 60 » se précise de jour en jour. Il s’agit bien cette fois de filmer des plafonds. La caméra est posée sur une surface horizontale, plane – un sol, un plan de travail, une table basse, etc – orientée vers le plafond. le cadre se définit en fonction de la nature de la surface filmée. Surface plate, lisse ou en volume. L’idée étant de rechercher un aplat parfait d’un jour à l’autre mais aussi de changer de décor quotidiennement. Contrairement aux films précédents, 58, 59, etc., qui cherchaient à installer une continuité, 60 vise non pas la discontinuité mais une diversité. L’unité s’imposera en projection par l’hétérogénéité de ces surfaces en apparence non figuratives.

60 / Lundi 12 février 2018

N° 9865

9865ème prise de vue déclenchée le 12/02/2018,  8,5 d’ouverture, 1/15ème, mise au point sur 2,50 m, tournée à Kuta, LOMBOK.

 

60 / Dimanche 11 février 2018

N° 9864

9864ème prise de vue déclenchée le 11/02/2018,  3 d’ouverture, 1/30ème, mise au point sur 2,80 m, tournée à Kuta, BALI.

9863ème prise de vue déclenchée le 10/02/2018,  3,5 d’ouverture, 1/60ème, mise au point sur 3 m, tournée à Kuta, BALI.

9862ème prise de vue déclenchée le 09/02/2018,  4,5 d’ouverture, 1/125ème, mise au point sur 3 m, tournée à Singapour.

NOTES, RÉFLEXIONS, COMMENTAIRES SUR LES FILMS PRÉCÉDENTS DE LA SÉRIE

58


58 / 
Jeudi 12 février 2016

58 gant de boxe rayon X
Poche, sac, enveloppe.
Le corps fragmenté, isolé, enfermé, asphyxié. 
Blanc clinique, chirurgical. Voir à travers, radiographie, squelette, voir dans la poche.58 expose  la main gauche de l’opérateur de prise de vue enveloppée dans un sac plastique translucide. Selon les ressources de la journée, la main est appuyée sur une fenêtre ou une vitre découvrant ou non un paysage extérieur. Le cadre  présente au premier plan les 5 doigts écartés de la main masquant en partie  l’arrière plan. La main enveloppée dans son plastique apparaît à contre jour dessinant confusément les contours des doigts. Cette forme à la fois radiographique et fantomatique devrait produire une boule de lumière indistincte flottant devant l’objectif de la caméra. Boule, poche, enveloppe, opacité et translucidité marqueront la prise de vue de 58.


58 / 
Mardi 02 mars 2016
La main dans une enveloppe comme pour ne pas être en contact avec le réel. Mise à distance du réel, non contamination du corps par un élément extérieur et inversement, protection du monde extérieur d’un corps éventuellement dangereux. Mise en Quarantaine, isolement, mise à distance, protection. Qu’est-ce qui est le plus hostile, le corps ou le monde extérieur ? Comment le monde visible peut-il isoler l’un de l’autre ces deux champs ? Pollution mutuelle de ces 2 niveaux entre eux, défiance mutuelle ?

 

58 / Dimanche 27 mars 2016
La main enfermée dans son enveloppe suggère une contamination éventuelle. La question qui s’ensuit est qu’est-ce qui contamine quoi ? La main se protège-t-elle de l’extérieur, ou à l’inverse, la main protège-t-elle l’extérieur d’une pollution éventuelle ?

58 / 
Samedi 09 avril 2016

La consistance plastique de l’enveloppe transparente rend les contours de la main flous de manière variable. Quotidiennement, l’enveloppe s’ajuste aux doigts sur un mode aléatoire. La forme elle même de l’enveloppe autour de la main dessine  différentes figures, tantôt carrées, tantôt rondes.  

58 / 
Jeudi 20 octobre 2016
Le déplacement de la prise de vue d’un lieu à l’autre s’avère à l’avance complexe. Les raccords sont  difficiles à entretenir vue l’importance de l’arrière plan de l’image. La main voilée ne suffit pas à masquer le paysage. En revanche, l’utilisation d’un trépied de caméra garantit la stabilité des cadres dans un même lieu, à la condition de ne pas dérégler le cadre d’une prise de vue à l’autre.

 

58 / Lundi 19 décembre 2016

La fin du cycle 58 approche. La prise de vue de la main enveloppée dans son sac plastique s’avère souple à pratiquer au quotidien. Elle permet, selon la météo, aussi bien l’utilisation d’un trépied qu’une prise de vue à la main (sans support de caméra). Sa faisabilité au jour le jour se doit d’être simple et rapide. Finalement, celle-ci se confirme.
Filtre à la fois opaque et transparent, l’enveloppe plastique tamise la lumière extérieure pour ne laisser apparaître que le squelette de la main enfermée et tendue vers le ciel. Son contre-jour plus ou moins marqué selon les jours masque en grande partie les lieux sur lesquels s’appuie l’image.

58 / Vendredi 20 janvier 2017

L’utilisation du trépied se décide en fonction de la lumière du jour mais aussi des déplacements au cours desquels il est possible d’embarquer ou pas un support de caméra. Lorsque la mesure de lumière permet l’utilisation d’une vitesse d’obturation rapide, au delà du 1/125ème, alors la prise de vue peut se passer de trépied. En revanche, le cadre de l’image est généralement moins précis à la main que sur pied.
A ma grande surprise, le sac plastique utilisé a tenu bon ! Finalement, je n’aurai utilisé que 2 sacs sur l’année.

56

56 / Dimanche 21 décembre 2014

56 n’a fait l’objet d’aucune note. La caméra 35mm défectueuse que j’utilise, depuis au moins 2 années, n’engage pas au commentaire. Or l’obturateur qui se bloque régulièrement sans pouvoir déclencher la prise de vue quotidienne induit une dimension aléatoire qui finalement ne manque pas d’intérêt. Le ruban filmique qui depuis son origine se veut parfaitement continu et régulier sera désormais accidenté visuellement. Les négatifs présenteront des photogrammes non exposés disséminés involontairement.  Le résultat visuel en projection pourrait en être enrichi.

55

55 / Jeudi 14 février 2013 – Gokarna / Karnataka – Indes

L’exposition quotidienne de 3 photogrammes 35mm consiste cette année en la construction visuelle d’un volet se déplaçant verticalement de droite à gauche sur une durée d’une semaine de prise de vues et inversement, de gauche à droite, la semaine suivante. Ce volet vertical est obtenu par le cadrage d’une surface plane occupant  la partie droite ou gauche de l’image et la découverte d’une surface lumineuse dont le contenu varie quotidiennement. Le volet est constitué d’une surface plane présentant une arrête nette sur toute la hauteur verticale du cadre, sombre de préférence, généralement tourné en intérieur. La partie lumineuse se doit d’être de préférence la plus homogène possible tout au long de la semaine et fortement éclairée, découvrant généralement une vue  extérieure, même si cette partie d’image présente régulièrement des accidents, c’est-à-dire des éléments visuels inattendus dans le champ.

55 / Mardi 26 février 2013

Le dispositif de prise de vues semble achever le rodage des premières semaines. Le déplacement quotidien d’un volet vertical dans le champ de la caméra, commence à trouver son rythme et ses réglages de cadre. La véritable difficulté concerne la recherche du motif visuel hebdomadaire à ajuster quotidiennement. En voyage, comme c’es le cas depuis le 09 février, début du tournage de « 55 », les nombreux lieux de tournage ne favorisent pas la continuité visuelle recherchée.

 

55 / Dimanche 28 avril 2013

8114ème prise de vue. A nouveau en déplacement à Mons la Trivalle dans l’Hérault. Pour la première fois depuis le début de 55, le volet vertical  est volontairement déplacé en direction inverse alors qu’il proposait jusqu’à maintenant un aller retour systématique. Désormais, le volet prolongera sa trajectoire par une découverte dans la même direction que le volet précédent. La difficulté de ce dispositif consiste à se repérer d’un jour à l’autre dans les déplacements du volet.

 

55 / Vendredi 10 mai 2013

8126ème jour de tournage de cette série circadienne. Depuis hier, la prise de vue a lieu à Monbisot, au Mans, dans l’ouverture de porte d’une grange. Pour prolonger les déplacements du volet vertical dans le champ, un storyboard s’est imposé. Toutes les semaines, je dessine à l’avance dans mon carnet les 7 positions quotidiennes du volet pour ne pas me tromper dans les trajectoires. La caméra 35mm que j’utilise permet facilement des repères visuels dans le viseur. Chaque jour de la semaine correspond à un repère de diaphragme. La précision des cadrages est visible sur les négatifs à l’œil nu. Je peux clairement évaluer la qualité des déplacements par leur régularité, la direction de leur mouvement et leur rythme.

Malencontreusement, des accidents parfaitement involontaires surviennent, aisément repérables sur la pellicule. Aussi, cette année, une vigilance accrue est nécessaire dans le cadrage du jour.

55 / Dimanche 29 décembre 2013

Rodée ,la prise de vue de 55 tire à sa fin. La difficulté de se procurer de la pellicule 35mm et la fragilité de la caméra qu’il faut renouveler régulièrement interroge l’avenir du support 35 mm.

47

47 / Dimanche 20 mars 2005

Cette année la notion d’exposition prend toute son importance parce qu’elle est productrice de formes. Les 20 secondes de pose quotidiennes sont divisées en 4 durées de 5 secondes chacune. Les premières 5 secondes sont consacrées à un cadre fixe. Les 5 secondes suivantes sont utilisées à un déplacement de caméra alors que les 5 prochaines secondes sont à nouveau réservées à de la fixité. Pour finir, les 5 dernières secondes proposent à nouveau du mouvement.

Dans les films précédents, lorsqu’il a été question de pause longue, la caméra était soigneusement posée sur un pied alors que cette fois, la caméra est tenue à la main.

Volontairement sans avoir fait de tests, le résultat en projection devrait produire des formes lumineuses abstraites différentes chaque jour.

47 / Jeudi 29 septembre 2005

La procédure d’exposition d’un photogramme par jour est respectée de manière scrupuleuse. Les quatre fois cinq secondes de pause B sont systématiquement organisées sur un mode identique. Réglage et mesure de la lumière pour chaque nouveau lieu de tournage puis déclenchement du métronome réglé sur 1 noire seconde.

La prise de vue consiste à filmer de nuit une source lumineuse artificielle, type fenêtre ou porte donnant sur un extérieur, tout en cadrant un angle, un chambranle ou un montant de menuiserie  qui délimite géométriquement la source de lumière. Il convient donc de sortir en extérieur pour filmer un intérieur.

Les variations d’une prise de vue à l’autre portent pour l’essentiel dans les positions de caméra et la nature de ses déplacements, lents ou rapides, aller retours ou trajectoires plus élaborées.

Choisir le montant gauche ou droit d’une porte fenêtre détermine la composition de la figure lumineuse du jour.

Déplacer la caméra  rapidement ou amplement dans les temps de pause requis provoquera des zones de flou sur l’image alors que des mouvements lents et réduits définiront des surfaces beaucoup plus nettes.

Les périodes de fixité se doivent d’être le plus fixe possible alors que la caméra est tenue à la main.

Il s’agit bien de sculpter ou graver un photogramme par jour.

47 / Dimanche  05 février 2006

A quelques jours à peine de la dernière prise de vue de 47, les compositions visuelles se ressemblent de plus en plus. La prise de vue sur la terrasse impose une manière de faire systématique et des cadres identiques quelques soient les angles de prise de vue choisis.

Finalement 47 est le filmage d’une boite lumineuse. Je fais de ma maison, une enveloppe de lumière.

La présence  d’un filtre bleu sur l’objectif  de la caméra peut tendre vers un lissage quelque peu irréel de l’image.

Actuellement en préparation  de 48, les options qui se présentent tentent de prolonger  le travail sur les formes lumineuses abstraites et colorées tout en cherchant à se démarquer du concept précédent.

46

46 / Samedi 31 juillet 2004

2 photogrammes par jour.

Précisément, 2 photogrammes par nuit, exposés 20 secondes.

Mini Maglight fixée sur la caméra, dans l’axe de l’objectif.

Sortir la caméra et son pied en extérieur, l’orienter sur un fond de verdure et présenter la main gauche d’abord, puis la main droite.

La main gauche occupe  la gauche du cadre, la main droite la droite, symétriquement.

Agitation légère pendant l’exposition.

Composition double intermittente et alternée.

Vibration lumineuse.

Composition double alternée et intermittente.

Le lieu principal de prise de vues est basé à Saint Denis sur une terrasse extérieure équipée d’éclairages électriques et ornée d’arbustes.

46 / Dimanche 1 août 2004

La main gauche d’abord puis la droite dans le faisceau circulaire de lumière, sur fond de verdure. Agitation. Les mains comme un voile, une trame, un moucharabieh devant l’objectif. Une vibration devant la végétation.

46 / Mercredi 17 octobre 2004

Prise de vues en hiver, prise de vues solitaires. La nuit qui tombe tôt. La verdure raréfiée.

46 / Dimanche 26 décembre 2004

Recherche d’un éclairage nocturne pour le fond végétal. Eclairage public, éclairage privé. Difficultés possibles: faibles lumières, absence complète d’éclairage, conditions météo difficiles, horaires défavorables. Situation extrême rencontrée au Grand Bornand : absence complète d’éclairage extérieur.

46 / Mercredi 29 décembre 2004

Rappel. La prise de vues de Montréal se passait quasiment dans des conditions identiques à Saint Denis. Une terrasse, des arbustes broussailleux, un éclairage domestique similaire. Pendant une dizaine de jours, outre atlantique, les prises de vues se sont déroulées dans un contexte plus proche que celui du XVème arrondissement de Paris où cette année les “daily shootings”se sont tenus régulièrement. Cette année, le dispositif de prise de vues cherche à éviter les moindres différences possibles entre elles. Il s’agit en fait de répéter quotidiennement les gestes qui vont permettre de reproduire à l’identique les conditions de ces prises de vues.

Paradoxalement, les dispositifs de tournage mis au point chaque année visent volontairement la production d’accidents. Le fait de devoir déplacer quotidiennement le pied de caméra tout en cherchant à le replacer tous les jours exactement au même endroit, provoque des variations visuelles infimes mais réelles. Or la projection elle même “lisse” le résultat de l’année, rendant fluide et liant ce qui par nature n’est ni fluide, ni lié.

Petites branches / grandes branches. Notes autour des supports de caméra.

46 / Mardi 01 février 2005

Derniers jours de prise de vue pour 46.

Actuellement basé à Montoulies, dans l’Hérault, un village traditionnel reconstitué et entretenu à la force du poignet par ses rares habitants. Une fois encore, comment produire de la continuité dans le chaos de la discontinuité ? Présence d’éclairage public pour renforcer le fond végétal constitué d’un olivier centenaire et planté Place de l’Olivier, derrière l’église du village.

Cette série circadienne qui se construit quotidiennement au fil du temps, produit des objets courts insolites. Les dispositifs de prise de vues, ténus, imposent un résultat en projection difficilement identifiable. Objets particuliers et spécifiques.

46 / Dimanche 20 mars 2005

La projection de 46 révèle tout d’abord un décadrage important des mains, lié à la parallaxe de la visée non réflexe de la caméra 16 mm. D’autre part, l’alternance des mains, une image sur deux, provoque une absence de matière, un effet de transparence.

L’ensemble du film est chaotique et malgré son dispositif rigoureux, les différents lieux filmés affirment leur présence fortement alors que les mains du premier plan sont parfois très estompées.