Série argentique quotidienne / 60 et –

NOTES EN COURS ET RELEVÉS

Depuis l’origine de la Série argentique quotidienne débutée le 09 février 1991, un relevé d’informations techniques est consigné quotidiennement dans un carnet dont voici, ponctuellement, la reproduction photographique. Quelques réflexions, chemin faisant, accompagnent  l’évolution des prises de vue argentiques.  Aujourd’hui rassemblées, ces notes en cours sont présentées ici de manière chronologique.

Pour information, cette série consiste à déclencher quotidiennement une caméra de cinéma argentique. 

 Samedi 24 février 2018

N° 9877

9877ème prise de vue déclenchée le 24/02/2018, 4 d’ouverture, 1/60ème en vitesse d’obturation, mise au point sur 3 m, tournée à Gili Air, INDONESIE.

Vendredi 23 février 2018

N° 9876

9876ème prise de vue déclenchée le 23/02/2018,  4 + 1/4 d’ouverture, 1/15ème  en vitesse d’obturation, mise au point sur 3 m, tournée à Gili Air, INDONESIE.

 

Mardi 20 février 2018

N° 9873

9873ème prise de vue déclenchée le 20/02/2018,  4 + 1/4 d’ouverture, 1/60ème  en vitesse d’obturation, mise au point sur 1,50 m, tournée à Gili Air, INDONESIE.

Immense plaisir à pratiquer et explorer un nouveau dispositif de prise de vue en voyage. Engagé à Singapour vendredi 09 février2018 , jour anniversaire de mes 60 ans, le nouveau motif visuel défini pour une année entière en est aujourd’hui à son 12ème jour de prise de vue. Inconfortable physiquement, cette prise vue s’avère riche et intéressante par ses cadrages. La caméra posée à plat sur une surface horizontale, sol, table et autres, filme des surfaces dont la géométrie n’est pas nécessairement en aplat. Une charpente nue peut en effet offrir des volumes inattendus. Qu’en sera-t-il, de retour à Paris,dans nos univers fermés ?

Jeudi 15 février 2018

N° 9868

9868ème prise de vue déclenchée le 15/02/2018,  5,6 -1/4  d’ouverture, 1/30ème  en vitesse d’obturation, mise au point sur 3,00 m, tournée à Kuta, LOMBOK.

Première prise de vue avec la caméra posée au sol. Cette option permet d’obtenir une valeur de plan plus large que la caméra posée sur une table. La difficulté est double. La mesure de lumière devient difficile et il faut s’allonger au sol de manière inconfortable pour ne pas être dans le champ de l’objectif.

Cette ressource va permettre cependant d’alterner différentes valeurs de plan selon les supports de prise de vue. Une armoire, un escabeau, un accoudoir de fauteuil permettront des variations dans les hauteurs de la caméra.

 

Mercredi 14 février 2018 

N° 9867

9867ème prise de vue déclenchée le 14/02/2018,  8 + 1/4 d’ouverture, 1/30ème  en vitesse d’obturation, mise au point sur 3,00 m, tournée à Kuta, LOMBOK.

 

Mardi 13 février 2018

N° 9866

9866ème prise de vue déclenchée le 13/02/2018,  8 d’ouverture, 1/15ème  en vitesse d’obturation, mise au point sur 2,00 m, tournée à Kuta, LOMBOK.

Le motif visuel de « 60 » se précise de jour en jour. Il s’agit bien cette fois de filmer des plafonds. La caméra est posée sur une surface horizontale, plane – un sol, un plan de travail, une table basse, etc – orientée vers le plafond. le cadre se définit en fonction de la nature de la surface filmée. Surface plate, lisse ou en volume. L’idée étant de rechercher un aplat parfait d’un jour à l’autre mais aussi de changer de décor quotidiennement. Contrairement aux films précédents, 58, 59, etc., qui cherchaient à installer une continuité, 60 vise non pas la discontinuité mais une diversité. L’unité s’imposera en projection par l’hétérogénéité de ces surfaces en apparence non figuratives.

Lundi 12 février 2018

N° 9865

9865ème prise de vue déclenchée le 12/02/2018,  8,5 d’ouverture, 1/15ème, mise au point sur 2,50 m, tournée à Kuta, LOMBOK.

 

Dimanche 11 février 2018

N° 9864

9864ème prise de vue déclenchée le 11/02/2018,  3 d’ouverture, 1/30ème, mise au point sur 2,80 m, tournée à Kuta, BALI.

 

9863ème prise de vue déclenchée le 10/02/2018,  3,5 d’ouverture, 1/60ème, mise au point sur 3 m, tournée à Kuta, BALI.

9862ème prise de vue déclenchée le 09/02/2018,  4,5 d’ouverture, 1/125ème, mise au point sur 3 m, tournée à Singapour.

 

NOTES, RÉFLEXIONS, COMMENTAIRES

 

58

Jeudi 12 février 2016

58, Andaman
58 gant de boxe rayon X
Poche, sac, enveloppe.
Le corps fragmenté, isolé, enfermé, asphyxié. Blanc clinique, chirurgical. Voir à travers, radiographie, squelette, voir dans la poche.


Jeudi 12 février 2016
58 expose  la main gauche de l’opérateur de prise de vue enveloppée dans un sac plastique translucide. Selon les ressources de la journée, la main est appuyée sur une fenêtre ou une vitre découvrant ou non un paysage extérieur. Le cadre  présente au premier plan les 5 doigts écartés de la main masquant en partie  l’arrière plan. La main enveloppée dans son plastique apparaît à contre jour dessinant confusément les contours des doigts. Cette forme à la fois radiographique et fantomatique devrait produire une boule de lumière indistincte flottant devant l’objectif de la caméra. Boule, poche, enveloppe, opacité et translucidité marqueront la prise de vue de 58.



Mardi 02 mars 2016
Préservatif, la main dans une enveloppe pour ne pas être en contact avec le réel. Mise à distance du réel, non contamination du corps par un élément extérieur et inversement, protection du monde extérieur d’un corps éventuellement dangereux. Mise en Quarantaine, isolement, mise à distance, protection. Qu’est-ce qui est le plus hostile, le corps ou le monde extérieur ? Comment le monde visible peut-il isoler l’un de l’autre ces deux champs ? Pollution mutuelle de ces 2 niveaux entre eux, défiance mutuelle ?

 

Dimanche 27 mars 2016
La main enfermée dans son enveloppe suggère une contamination éventuelle. La question qui s’ensuit est qu’est-ce qui contamine quoi ? La main se protège-t-elle de l’extérieur, ou à l’inverse, la main protège-t-elle l’extérieur d’une pollution éventuelle ?

Samedi 09 avril 2016

La consistance plastique de l’enveloppe transparente rend les contours de la main flous de manière variable. Quotidiennement, l’enveloppe s’ajuste aux doigts sur un mode aléatoire. La forme elle même de l’enveloppe autour de la main dessine  différentes figures, tantôt carrées, tantôt rondes.  


Jeudi 20 octobre 2016
Le déplacement de la prise de vue d’un lieu à l’autre s’avère à l’avance complexe. Les raccords sont  difficiles à entretenir vue l’importance de l’arrière plan de l’image. La main voilée ne suffit pas à masquer le paysage. En revanche, l’utilisation d’un trépied de caméra garantit la stabilité des cadres dans un même lieu, à la condition de ne pas dérégler le cadre d’une prise de vue à l’autre.

 

Lundi 19 décembre 2016

La fin du cycle 58 approche. La prise de vue de la main enveloppée dans son sac plastique s’avère souple à pratiquer au quotidien. Elle permet, selon la météo, aussi bien l’utilisation d’un trépied qu’une prise de vue à la main (sans support de caméra). Sa faisabilité au jour le jour se doit d’être simple et rapide. Finalement, celle-ci se confirme.
Filtre à la fois opaque et transparent, l’enveloppe plastique tamise la lumière extérieure pour ne laisser apparaître que le squelette de la main enfermée et tendue vers le ciel. Son contre-jour plus ou moins marqué selon les jours masque en grande partie les lieux sur lesquels s’appuie l’image.

Vendredi 20 janvier 2017

L’utilisation du trépied se décide en fonction de la lumière du jour mais aussi des déplacements au cours desquels il est possible d’embarquer ou pas un support de caméra. Lorsque la mesure de lumière permet l’utilisation d’une vitesse d’obturation rapide, au delà du 1/125ème, alors la prise de vue peut se passer de trépied. En revanche, le cadre de l’image est généralement moins précis à la main que sur pied.
A ma grande surprise, le sac plastique utilisé a tenu bon ! Finalement, je n’aurai utilisé que 2 sacs sur l’année.